e-sport stade rempliMais qu’est ce que l’e-sport ?

Sport électronique en français, l’e-sport désigne la pratique sur Internet ou en LAN-party d’un jeu vidéo seul ou en équipe, par le biais d’un ordinateur, d’une console ou de tout support avec écrans.

Quelques chiffres marquants :

250 000 $ : gain minimum en cas de victoire lors de tournois organisés par Valve (éditeur du jeu Counter Strike Global Offensive / CGSO)

2500 à 4500 $ : salaire mensuel du top 10 mondial des joueurs de CSGO

1 000 000 : nombre de spectateurs virtuels simultanés pour la finale 2015 du jeu CGSO

11 000 : nombre de spectateurs physiques pour cette même finale

650 : nombre d’actions par minute maximum, que des joueurs professionnels sont capables de réaliser (soit 10/ sec)

L’e-sport peut-il être considéré comme un sport ?

C’est une question qui se pose beaucoup. En effet, tout le monde ou presque assimile le sport à l’idée de « dépenses énergétiques » ou « d’activités physiques » (sous entendu athlétique).

En sociologie du sport,  quatre critères sont retenus pour définir ce qu’est un sport : la motricité performante, l’existence de compétitions, de règles et de fédérations. Si on s’en tient à cette définition, l’e-sport répond à 3 critères sur 4 : la motricité des doigts (ici « motricité à finalité performante », avec des blessures récurrentes aux articulations), l’affrontement avec d’autres joueurs et la réglementation des compétitions. Seule manque la reconnaissance du ministère des sports

Pour autant, plusieurs points permettent de dire que l’e-sport, tend à devenir un « sport » comme un autre :

  • Aux Etats Unis, les joueurs pro sont reconnus comme des « athlètes de haut niveau » depuis 2013
  • Tactique, système de jeu, séances vidéos, esprit d’équipe : le haut niveau ne laisse rien au hasard
  • Être joueur pro nécessite des capacités de concentration et de réflexes supérieures à la moyenne
  • Chaque équipe pro dispose d’une structure avec manager, sponsors et obligations médiatiques auprès des fans
  • Un joueur/une équipe pro s’entraine en moyenne 35 heures par semaine
  • Le marché des transferts fait la Une des médias spécialisés toute l’année
  • Les compétitions sont retransmises dans le monde entier, avec leurs commentateurs vedettes
  • Le jeu vidéo est un sport pour ceux qui le pratiquent en compétition. Un joueur du dimanche, même s’il joue beaucoup, ne peut pas rivaliser avec un joueur pro, hyper entraîné, préparé et encadré.
  • Comme dans tout sport, le e-sport est confronté à la problématique de dopage. Dopage visant à améliorer grandement les capacités de concentration des joueurs par la prise de psychostimulants.
  • le e-sportif se trouve également confronté à des blessures, au même titre qu’un coureur qui peut se faire des déchirures, tendinites, claquages … Dans le e-sport, les blessures les plus fréquentes étant : la tendinite du pouce, des cervicalgies, le syndrome du canal carpien mais aussi des pathologies de concentration, des problèmes de concentration, perte de sommeil
  • Le risque de bigorexie (addiction destructrice) touche également les joueurs.

Et puis tout simplement le quotidien du e-sportif est le même que le sportif « classique ».  Il s’entraine plusieurs heures par jour seul ou en équipe, et se prépare physiquement et mentalement pour optimiser ses performances

Pour être bon et gagner des tournois, il faut être préparé !
e-sport skills
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Et oui, comme nous le disions juste avant, les joueurs pro sont préparés. S’ils veulent gagner ils n’ont pas le choix. Alors ils font attention à leur hygiène de vie, apprennent à gérer leur sommeil, et font même de la musculation (dos et poignets)

Ces joueurs sont coachés, mais surtout mentalement préparés. Le mental, comme dans le sport « classique », est un élément primordial de la performance. Comment gérer son stress quand on joue devant des milliers de personnes, quand on participe pour la 1ère fois à une LAN (tournoi où toutes les équipes sont réunies dans un même endroit), ou qu’on affronte en finale une équipe chinoise ou coréenne (les meilleures).

Des équipes professionnelles se dotent de plus en plus d’un préparateur mental qui va

  • définir avec le joueur les situations qui seront pour lui les plus stressantes. Le but étant de s’y préparer, de trouver des parades contre le stress
  • envisager des scénarii, de manière à anticiper un maximum de situations. Il va préparer les actions à mener sur la concentration et les pensées à avoir pour se refocaliser tout de suite sur l’action présente.
  • aider à apprendre à gérer son niveau de concentration pendant toute une partie, qui peut durer parfois 6h avec de courtes pauses entre les manches
  • etc …

Travailler le mental au même titre que les autres facteurs de la performance, est indispensable pour prétendre concurrencer les meilleures nations. Comme dans le sport « classique », le mental peut faire la différence sur un combat, un match … Il est donc indispensable de le travailler, aussi dans l’e-sport !

L’e-sport en France
e-sport chiffre
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En 2015, 20 joueurs français touchaient + 10000 $ / an contre 150 à plus de 50000$ / an en Corée. En 2016, les revenus générés par l’e-sport en France étaient estimés à 22 millions d’euros avec un taux de croissance à 14%.

L’hexagone compte 398 000 joueurs, ayant une pratique régulière de l’e-sport en compétition.

Des marques grand public comme SFR investissent dans l’e-sport

Des clubs de foot de Ligue 1 investissent dans l’e-sport comme le PSG, qui a dernièrement recruté des joueurs pro de LOL (League Of Legend) ou FIFA.

L’e-sport fait petit à petit son trou en France, mais il faudra encore gravir quelques marches. Notamment, celle de la diffusion grand public. En effet, Canal + a maintenant son émission consacrée à l’e-sport. Et pour la 1ère fois en 2015, la chaîne l’Equipe 21 a diffusé la finale de FIFA 16. Enfin Eurosport, diffuse depuis 3 ans la DreamHack, évènement international, qui fait un passage à Tours. Sont réunis les meilleurs joueurs et équipes dans les disciplines suivantes : Counter Strike, LOL, HearthStone, Overwatch. Les gains pouvant monter jusqu’à 140 000 $. Cependant, cela doit se poursuivre dans la durée.

Alors oui, l’e-sport français est loin d’être au niveau des Etats Unis, de la Chine ou de la Corée, mais un cadre s’établit. Ainsi en 2016, Axelle Lemaire, alors Secrétaire d’état chargée au numérique a inclus une partie e-sport dans un texte de loi, qui a été voté  « la loi pour une république numérique » et promulgué récemment. Cette loi, permet la mise en place d’un statut réel pour les joueurs d’e-sport, mais aussi un statut pour les compétitions, jusque là non régulées. De même, elle a également annoncé en avril 2017, la création de la fédération française de l’e-sport. Affaire à suivre !

Bibliographie : 

Dossier réalisé par l’équipe.fr 

Des articles sur le site « champions du digital« 

Eurosport.fr

L’institut de recherche du bien être, de la médecine et du sport santé

Le Huffington Post 

Les Echos

Le club des managers du sport