On continue à rencontrer des préparateurs et à recueillir leur témoignage de pratique. Le coach du mois est Clément Masset, qui prépare entre autre le triathlète olympique Pierre Le Corre.  

1- Peux-tu te présenter rapidement (quel est ton parcours, avec qui tu travailles …) ?

clement masset préparateurJ’ai 27 ans et je suis un passionné de tout ce qui touche au domaine du sport. J’ai été pratiquant de sports d’endurance pendant plus de 10 ans (triathlon et natation). Je me suis ensuite tourné vers plus d’éclectisme par la pratique des sports collectifs, de vitesse et de force.

C’est cette diversité qui m’a sensibilisé à une forme de transversalité dans le sport. Ce qui m’a naturellement amené au domaine de l’entrainement, puis la préparation physique.

Aujourd’hui je cumule 2 activités. D’une part je travaille avec le Montpellier Triathlon en tant qu’entraineur et préparateur physique de l’équipe de 1ère division.

D’autre part, j’ai crée l’association TESAM, pour d’élargir mon activité et aider des sportifs désireux de développer leurs qualités physiques. J’ai la chance de préparer un triathlète olympique ainsi que des joueurs de basket professionnels.

2- Comment es-tu devenu préparateur/coach ?

Après un parcours scolaire classique, je suis rentré en Staps à Montpellier, afin d’approfondir mes connaissances relatives à l’entrainement. J’ai d’abord effectué une licence Entrainement Sportif, puis à force de rencontres et de réflexion, j’ai trouvé la préparation physique plus diversifiée et attrayante. J’ai donc enchainé avec un Master 2 Préparation physique.

Durant mon cursus, j’ai été en stage au sein du Montpellier triathlon, où la préparation physique se résumait à faire des abdos au bord du bassin. J’ai eu la chance d’avoir la confiance des dirigeants, qui m’ont laissé carte blanche pour développer la préparation physique au sein du club. Suite à mes études, j’ai rejoint le club en tant que préparateur physique et entraineur adjoint de l’équipe élite.

3- Quelles sont tes missions en tant que préparateur ?

Généralement, je réponds à une commande d’un entraineur, d’un club ou d’un athlète, qui me demande de développer une ou plusieurs qualités physique dans un objectif précis.

Par exemple, dans la préparation des triathlètes, j’ai souvent pour mission d’améliorer leur force et leur explosivité. En effet, le travail en salle effectué de manière dissociée peut se révéler efficace pour des athlètes, qui n’ont pour la plupart jamais cherché à développer leur puissance musculaire avec des charges additionnelles.

4- Quelles qualités faut-il pour être un bon coach 3.0 (méthode ? performance ? Outils ? …) ?

En ce qui me concerne, j’essaie d’avoir un esprit critique, je m’efforce de me renseigner au maximum. Je lis des livres qui touchent de près ou de loin à l’entrainement des qualités physiques, des articles scientifiques ou de vulgarisation, je regarde des conférences etc …

Je suis également de ceux qui pensent qu’un entraineur/préparateur physique doit être un minimum sportif, car il faut être capable de (ponctuellement) tester ses séances. Il ne s’agit aucunement d’être performant, mais d’entretenir les sensations qu’un athlète peut ressentir.

5- Selon toi, quels sont les principales qualités pour devenir un champion ?

La plupart du temps on évoque un travail acharné, une motivation exceptionnelle, une rigueur hors-clement masset préparateurnorme, un mental d’acier, une planification optimale etc.. C’est effectivement vrai, cependant on a tendance à oublier de parler de la génétique.

En effet, il peut paraître farfelu de considérer le patrimoine génétique comme une qualité indispensable. C’est pourtant ce qui constitue le socle pour devenir un athlète exceptionnel. Les autres facteurs ne font que potentialiser les capacités du sportif.

6- As tu un exercice physique favori, qui revient régulièrement dans tes séances de préparation ?

Je n’ai pas d’exercice « roi », car pour moi aucun n’est indispensable. D’une manière générale, je fais la part belle à tous les « core lift ». Ainsi, j’accorde une part importante aux mouvements de force athlétique, aux exercices à poids de corps et aux semi-techniques d’haltérophilie.

7- Comment envisages tu l’avenir ? As tu une ou plusieurs activités annexes que tu souhaiterais approfondir/developper ?

Actuellement, je continue à développer la préparation physique dans le triathlon. C’est une chose qui me tient à cœur, car beaucoup d’athlètes n’ont pas conscience des bénéfices d’une bonne préparation. Comme dans de nombreux sports d’endurance les triathlètes n’aiment pas le travail en salle. Je m’efforce donc de « tordre le cou » aux idées reçues, en ce qui concerne le travail de la force chez les sportifs d’endurance.

Par ailleurs, je cherche à faire prospérer l’activité de l’association Tesam. Il est important de fournir aux athlètes de meilleures conditions d’entrainement (notamment par l’acquisition d’outils technologiques, de logiciel de préparation physique comme Ekyno).