Un sujet de réflexion qui amène à se poser certaines questions. Le binôme préparateur physique/sportif est un élément essentiel à la performance. Quand les performances ne sont pas au rendez vous, ce binome peut totalement évoluer. Il est donc bon de définir les termes d’une bonne relation entre les athlètes et le préparateur. Leader ? Paternaliste ? Souple ? Gentil ? Comment doit se comporter le coach avec son sportif ?

Définissons d’abord les termes

Qu’est ce qu’un leader ?

Le Larousse nous dit qu’un leader est une personne qui prend la tête de quelque chose, qui détient le commandement, qui prend les initiatives.

5 styles de leadership peuvent se définir.

  • le style autocratique (dictateur, le décor est posé, un seul décide, les autres suivent)
  • le style démocratique (prise de décision en groupe, communication dans les 2 sens, à l’écoute des individus dans un seul et même objectif)
  • le style paternaliste (leader qui protège, qui est bienveillant mais à l’extrême, ce qui créée indirectement une relation à sens unique)
  • le style nonchalant (le « laisser-faire », délégation des tâches sans se soucier de comment elles sont réalisées. Moins de conflits générés mais pas de réelles certitudes sur le travail bien fait ou non)
  • le style collégial (leadership plus informel, esprit d’équipe, loyauté, amitié, mais pas de réel cadre, peut faire place à plus d’émotion, d’affect, peut marcher pour des équipes réduites)
  • le style narcissique ( leader qui a besoin d’être reconnu, admiré, avec une grosse confiance en soi, parfois un désir de pouvoir. Cela se jouera sur la façon dont ce leader saura utilisé cet aspect de son caractère et de comment cela sera perçu, qualité ou défaut)

Notre définition. Le leader est avant tout une personne, qui a le courage d’affirmer ses positions auprès d’un sportif, d’un groupe de sportifs, d’un entraineur, de façon argumentée. Ce n’est pas une personne qui expose à tout va ses connaissances, son savoirs faire. C’est une personne qui saura faire preuve d’un savoir-être allié à une base solide de connaissances techniques/scientifiques, qui mèneront à la performance. Un leader est un individu qui a l’expertise, et qui, comme le sportif, cherchera toujours à progresser sans se reposer sur ses acquis. Son objectif est de rendre le ou les sportifs performant(s).

Le préparateur est un leader.

Le préparateur leader est capable d’influencer le changement dans l’intérêt du sportif. Mais pas sans réflexion avec toutes les parties (entraineur, équipe médicale, athlètes). Son rôle est central. Il faut avoir le courage de défendre son point de vue. L’argumentation en faveur d’une planification spécifique, d’entrainements qu’il aura choisi, de méthodes de récupération x ou y …  est primordiale. Elle ne doit pas laisser place aux doutes. Et devra bien entendu faire ses preuves.

Dans la relation directe avec le sportif, le préparateur doit être capable d’écouter, sans un affect démesuré. Prenons l’exemple d’un sportif qui a souvent des soucis physiques, petites blessures. Ce qui arrive a un bon nombre par ailleurs ! Trop écouter son sportif pourrait plus le desservir qu’autre chose. Car le préparateur a aussi le rôle d’arriver, par les séances qu’il crée, à repousser les limites physiques.  Il se dit toujours qu’un entrainement dur rendra une compétition facile. Le rôle de leader est dans ce sens essentiel. Si le préparateur n’est pas leader, il risque de se faire « marcher dessus », car il n’arrivera pas à imposer sa vision des choses et à pousser l’équipe, le sportif vers les objectifs fixés. Ou il risquera de se faire trop influencer par ceux qui gravitent autour de lui (entraineur, coach, médecins, kinés, présidents ….).

Le leader a aussi un rôle de médiateur. Il est reconnu pour son expérience, ses prises d’initiatives, ses convictions, sa capacité à mener les troupes vers la performance. Entendu et écouté, il doit avoir cette compétence à tempérer : l’avis de l’entraineur, les ressentis des sportifs. Un sportif qui se plaindrait de son entraîneur, le leader devrait alors rester objectif. Ne pas être plus en sympathie à une cause qu’à une autre et trouver le juste équilibre. C’est la clé d’un bon leadership.

Capable de prendre du recul par son vécu, ses échecs et réussites passés, le préparateur physique est aussi leader à ce niveau. La préparation physique se base sur un aspect très scientifique des choses, qui laisse rarement la place à la chance. Mais il faut être convaincu, décidé, avoir confiance en son bagage technique et scientifique, pour être en capacité de trouver ce fameux équilibre.

Mais le préparateur ne doit pas être un « leader dictateur »

Qu’entendons nous pas cette expression de « leader dictateur » ?

On entend imposer sans chercher à écouter les autres. « Mon point de vue est le meilleur. L’avis des autres ne compte pas vraiment. Ou je n’en tiens rigueur que quand cela va dans mon sens. Je ne souhaite pas me remettre en question malgré mon vécu … » Nous caricaturons volontairement les traits du leader dictateur mais à plusieurs niveaux, ce type de comportement est à éviter.

Le préparateur doit également faire attention à un côté trop « paternaliste » qu’il pourrait avoir (peut être plus encore dans les sports individuels). Sous couvert de bienveillance, de souhait de protéger son sportif, la relation peut vite devenir ascendante. Le sportif serait alors inconsciemment en position de soumission. « Mon préparateur/coach a tout fait pour moi, m’a sorti de grandes difficultés, m’a énormément aidé et je lui dois tout ».  L’un des risques étant alors que le sportif soit plus dépendant de son préparateur/coach/entraineur qu’il ne devrait l’être. Un autre risque serait qu’il soit incapable de passer un cap du fait de cette relation à sens unique.

Pour conclure, le préparateur doit être leader, mais sans aller dans les extrêmes. Si on reprend les 5 styles de leadership, ce préparateur leader saura prendre les qualités de chaque style pour faire progresser les sportifs. Trouver le juste équilibre face à tous ses interlocuteurs. C’est peut être là, la clé du succès !