Abordons un sujet de société qu’est le sport au féminin. En effet, depuis 2, 3 ans, de plus en plus de grands évènements sportifs féminins font leur apparition sur les chaînes télévisées. TMC qui diffusait les phases finales du championnat du monde féminin de Hand, TF1 la finale. Des sports plus que d’autres mieux représentés : football, HandBall, Biathlon pour la saison hiver. Dans cet article, nous essayerons d’aller plus loin dans l’analyse du sport féminin avec des statistiques, des focus, des chiffres, et dresser un tableau objectif de la situation des femmes dans le sport, de manière plus générale.

1/ le sport féminin en chiffres 

FRANCE

En 10 ans (2000-2010), la part des femmes de 15-74 ans déclarant pratiquer au moins une activité sportive (APS) est passée de 79% à 90%, soit une augmentation de 11 points ! Ce qui est quand même important. Pour les hommes, on est passé de 88% à 93% en 10 ans, une augmentation ainsi plus modérée de 5 points.

La barre des 6 millions de licenciées sportives a été dépassée. Une augmentation de 20,4% en 8 ans contre seulement 10% pour les hommes. Même si le nombre de licenciés hommes est encore 2 fois supérieur à celui des femmes avec plus de 10 millions en France.

Le taux de féminisation du sport augmente également : 35,4% à 37,5%. 

MONDIAL

Concernant le haut niveau olympique, de plus en plus d’athlètes femmes. 45% des athlètes à Rio en 2016 étaient des femmes contre 24% à Los Angeles en 1984. En 30 ans, + 20 points ! 

2/ Malgré tout, des inégalités persistent

1/ De pratique

Chez les jeunes notamment, 33% des jeunes femmes de 16-24 ans pratiquent une activité sportive contre 45% pour les jeunes hommes du même âge. De nombreux clichés ont encore la vie dure notamment celui que certains sports conviendraient mieux aux hommes qu’aux femmes : sports de combat, football, rugby, sports de raquette individuels. On verra ainsi plus de femmes dans les sports comme la Gymnastique (81%) l’équitation (83%), les sports de glace (86%). Les jeunes étant peut être plus influencés par la médiatisation (audiovisuelle, réseaux sociaux), le manque de médiatisation dans certains sports doit avoir son rôle à jouer.

2/ Salariales

Entre les hommes et les femmes et ce dans tous les sports. Dans les sports de combat, très peu de femmes peuvent vivre de leur sport, par contre il y a de nombreux hommes qui peuvent le faire. Sur les grosses organisations, encore malheureusement peu de combats féminins en main card par exemple. Dans les sports collectifs, c’est un peu différent, on voit dans le foot plusieurs équipes féminines qui sont à temps plein, en basket, rugby ou même Hand. Ce sont des fédérations qui ont fait des efforts dans ce domaine et qui misent réellement sur une vraie progression du sport féminin.

3/ De médiatisation.

En dehors des grosses compétitions de type championnat du monde, d’Europe, des sorties des équipes de France, le sport féminin ne représente que 20% de l’audience totale et reste encore dans l’anonymat. C’est très contradictoire avec l’engouement que peut engendrer certains évènements comme on le voit sur le schéma ci dessous.

3- De vrais axes d’évolution

L’aspect moins médiatisé du sport féminin laisse de vraies opportunités de développement. Le sport féminin a un énorme potentiel économique. Il est encore à l’abri de gros scandales (dopage, corruption …) comme on peut voir dans le sport masculin. Ainsi l’image du sport féminin est excellente. Et il serait dommage de ne pas en profiter.

De plus en plus de femmes veulent pratiquer dans un contexte fédéral ou non. On le voit d’ailleurs dans les chiffres, On disait plus haut que les jeunes femmes pratiquaient moins. Mais la courbe s’inverse avec l’âge. Entre 40 et 50 ans, les femmes consacrent autant de temps que les hommes à l’activité physique. Mais au delà de 50 ans, les femmes font plus de sport que les hommes.

Pour les fédérations, faire plus de place au sport féminin est aussi une question d’image. Ainsi la FFF, après avoir été longtemps critiquée pour son manque d’action en faveur du sport féminin, a mis en place une stratégie de développement dans ce sens et le nombre de licenciées a ainsi connu une augmentation de 104% entre 2009 et 2015.

La fédération française de Handball a également bien compris que le sport féminin fonctionnait très bien, avec 45% des licenciés qui sont des filles/femmes. En témoigne la ferveur lors du dernier championnat du Monde qui a vu les françaises gagner en finale contre l’ogre norvégienne et avec une audience sur TF1 de 5 000 000 de téléspectateurs.

1/ Des pratiquantes à équiper et une offre de services à développer.

Elles représentent un potentiel considérable pour les équipementiers et plus largement les marques investies sur le marché des articles de sport. Ils doivent rapidement se mettre en ordre de marche pour répondre à leurs besoins en équipements. Le secteur marchand a déjà bien entamé ce mouvement, en mettant en avant des produits/offres répondant aux attentes des pratiquantes : zumba, waterbike, pilate …

2/ Un secteur professionnel à développer.

Le développement des affluences et, par voie de conséquence, des recettes spectateurs. Sur ce plan, il faut souhaiter que les clubs professionnels féminins puissent bénéficier d’infrastructures adaptées afin de recevoir le public. En particulier les spectateurs achetant des places dans de bonnes conditions.

Le développement des revenus tirés du sponsoring. L’excellente image du sport professionnel féminin,  épargné comme on le disait plus haut par les « affaires » ou encore le côté accessible et naturel des sportives, est de nature à séduire les sponsors. D’autant plus dans un contexte de quête de sens et de rejet d’un sport masculin touché malheureusement par quelques dérives

Le développement des recettes audiovisuelles. Jusqu’à présent très peu de clubs perçoivent des revenus de la part des diffuseurs. Le contexte semble favorable avec la concurrence acharnée entre opérateurs (diffuseurs gratuits/payants, groupe télévisuel classique/opérateurs de télécommunication, etc.) et la « spectacularisation » du sport professionnel féminin. Des chaînes comme l’Equipe 21 ou Eurosport l’ont déjà bien compris, en diffusant des compétitions nationales de sports féminins.

3/ Une audience à capter.

Le sport féminin dispose d’un public à fidéliser et développer. Les femmes sont consommatrices de sports dans des médias à conquérir. Mais il faut en faire plus. Et cela passera par la mise à disposition d’infrastructures pouvant accueillir des équipes de journalistes, caméramans. Des enceintes sportives qui seront adaptées à la diffusion audiovisuelle (éclairage, espace de jeu vierge, recul). Un vrai travail à faire du coté des collectivités locales, des instances sportives et des clubs.

Le CSA en partenariat avec le ministère des sports met en place, depuis 5 ans une édition « Sport féminin toujours ». Celle ci aura d’ailleurs lieu ce weekend du 10 et 11 février 2018. L’objectif, pour les chaines de télé et radios, est de proposer, durant 48 heures, des reportages et des retransmissions d’événements sportifs pour mettre en lumière le sport féminin.

Des moyens sont mis en oeuvre pour capter cette nouvelle audience. Même si au départ, c’est prendre le risque de proposer des compétitions, où le niveau pourrait être très disparate d’une équipe/sportive à une autre. Et que cela soit moins « spectaculaire » ! Mais il faut poursuivre dans cette voie pour attirer de plus en plus d’auditeurs, téléspectateurs.