Les français ont donc voté pour un nouveau président et une assemblée aux mêmes couleurs de la République en Marche. Quel sera l’impact de ce nouveau quinquennat sur le sport Français ? Nous ne sommes pas des spécialistes politiques et ne le seront jamais, mais nous essayerons dans cet article de vous donner quelques réponses en revenant sur son programme et les mesures qu’il souhaite mettre en oeuvre.
1/ Le sport redevient un ministère de plein exercice et non plus un simple secrétariat d’Etat

Jusqu’ici le sport était sous la tutelle d’un ministre, qui avait souvent en plus à s’occuper d’autres portefeuilles (jeunesse, ville). Le sport était donc plus facilement relégué au second plan.

Maintenant c’est :

  • une présence assurée au conseil des ministres, pour faire porter sa voix.
  • une enveloppe budgétaire à défendre
  • la possibilité de signer des décrets
  • une réelle autonomie dans son fonctionnement.

Avec la candidature de Paris au JO 2024, c’est également important de montrer qu’un pays candidat met le sport au centre de ses préoccupations. Il n’y peut être pas de coincidence, mais nous ne pouvons que nous réjouir d’un ministère des sports autonome.

politique sportive laura flessel2/ Une ancienne sportive de haut niveau à la tête du ministère

Laura Flessel, que tout le monde connait pour avoir représenté la France en escrime pendant plus d’une décennie, représente maintenant le sport français. Selon beaucoup d’analystes politiques, c’est une réelle surprise. Elle sera donc scrutée et devra faire ses preuves. Pour autant, elle a déjà été membre du conseil économique, social et environnemental, ainsi que Présidente du comité de la lutte contre les discriminations dans le sport. Elle connait déjà un peu ce monde. Et qui est mieux placé qu’un sportif pour savoir de quoi le sport a besoin ? Comme tout au long de sa carrière d’escrimeuse, elle saura défendre ses convictions et ses idées.

3/ Augmentation du nombre de pratiquantspolitique sportive augmenter pratiquants

C’est un premier objectif de son programme. L’objectif qu’il affiche est de monter le nombre de pratiquants à 3 millions. Pour l’atteindre Emmanuel Macron souhait agir sur différents leviers :

  • prôner un développement par le local au quotidien

En décentralisant l’organisation du sport pour donner plus d’autonomie aux acteurs locaux. L’Etat aurait un rôle de coordination, réglementation et éthique. En soutenant également les collectivités locales, qui sont au centre des APS (activités physiques et sportives). En faisant en sorte d’avoir une meilleure synergie entre collectivités et clubs. Mais aussi en permettant aux associations d’avoir plus de créneaux dans les gymnases construits par les régions, départements et villes.

  • développer la formation des éducateurs sportifs

En agissant au niveau des clubs et des dirigeants. Le président souhaiterait assouplir la réglementation pour les dirigeants, promouvoir l’emploi et développer puis simplifier la formation des éducateurs sportifs.

  • créer un fond régional du développement du sport, intégrant tous les acteurs du domaine.
La France compte 17 millions de licenciés, et l’équivalent en nombre de pratiquants non affiliés. Le sport c’est 4 millions de bénévoles et 200 000 emplois. Cependant certaines catégories de population, comme les jeunes, font de moins en moins de sport.
4/ Encourager le sport chez les jeunes

Le sport amateur est la vitalité du sport selon M Macron. Il souhaite ainsi développer les relations entre les établissements scolaires et les associations et prône une complémentarité des pratiques en milieu scolaire et extra scolaire. Par exemple, il souhaiterait que les établissements scolaires ouvrent leurs infrastructures aux clubs en soirée, le weekend et en périodes scolaires. Son objectif est clair : remettre l’école au centre de la formation sportive.

5/ Favoriser le sport en entreprise 

Il souhaite négocier un accord interprofressionnel pour organiser et faciliter la pratique sportive en entreprise. Selon plusieurs études, un salarié sportif serait plus productif qu’un salarié sédentaire car moins absent, moins stressé. Des entreprises ont déjà testé cette solution (voir notre article sur le sujet). Cela pourrait passer par le développement de vestiaires/douches sur le lieu de travail, la signature de conventions avec des associations sportives locales. Et pour aller encore plus loin, pousser les entreprises à aménager des temps de pratique sportive sur le temps de travail.

6/ Rendre le sport accessible à tous

politique sportive handicap

Le constat qu’il fait est qu’une partie de la population (demandeurs d’emploi, femmes/hommes au foyer, personnes en situation de handicap, retraités, ouvriers) ne fait pas de sport. La première raison est bien entendu économique, mais aussi celle du temps disponible à consacrer au sport.

Il souhaite faciliter l’intégration des personnes en situation de handicap dans les associations sportives. Il n’explique pour le moment pas comment il envisage de le faire, mais le principe ne peut être que défendu, tant cette problématique est réelle et concrète.

Il envisage de faire des expérimentations, notamment avec le CAF, pour créer des garderies de courte durée, qui permettront ainsi aux femmes/hommes au foyer de pouvoir consacrer du temps au sport.

Pour les personnes atteintes de maladies graves, il veut rembourser le coût de la licence. Si et seulement si l’origine est une prescription médicale de pratique d’APS (activités physiques et sportives). Toujours pour ce public, il souhaiterait mettre en place des maisons sport/santé avec un accompagnement personnalisé.

7/ La reconversion des sportifs de haut niveau.

C’est un point faible de la société française. Une fois sa carrière finie, le sportif se retrouve régulièrement en difficulté, car il doit affronter le marché du travail et n’a jamais été préparé à cela. Le président souhaite que les sportifs, à la fin de leur carrière, aient accès facilement à la formation, l’apprentissage et/ou l’emploi.

Il existe déjà des structures qui accompagnent les anciens sportifs : l’association Collectif Shapers avec son site athlete-avenue ou encore Sportail Community, mais cela reste insuffisant.

3 leviers de sa politique sportive sont à retenir : le développement du sport dans le monde professionnel, en milieu scolaire et auprès d’un public dit « en difficulté ». Bien évidemment, toutes ces mesures ne seront peut être pas appliquées, mais elle sont optimistes pour l’avenir du sport dans les 5 prochaines années ! Soyons le nous aussi !